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JEANNE AU BÛCHER (Paul Claudel), adaptation de Jean-Dominique Hamel - THEATRE DU NORD-OUEST


Mise en scène, Nathalie Hamel et Jean-Pierre Müller,
Costumes : Nathalie Hamel
Illustration musicale : Jean-Dominique Hamel
Lumières : Patrice Lecadre
Maître darmes : Michaël Brothier
Avec
Jeanne : Aïcha Finance
Mahaut : Céline Michoulier
Béatrix : Mathilde Choisy
Magdeleine : Nathalie Hamel
Radegonde: Hélène Renaud
Dominique : Jean-Pierre Müller
Ferry: Hervé Colombel
Enguerrand : Tom Costalini
Antide: Patrice Bourret
Prix : Jérémy Gudefin
Thibault : Michaël Brothier


Jeanne au bûcher, de Paul Claudel
Selon Claudel, le personnage central de cet oratorio dramatique « se rend compte du chemin quelle a parcouru », Jeanne « est une voix », « on ne peut pas faire parler Jeanne, on ne peut que la laisser parler ». Dans une robe couleur flamme, à demi-éclairée, les mains liées dans le dos, « attachée à son poteau qui représente la foi » elle est là, et ne descendra jamais les trois marches qui la ramèneraient sur le plateau, pour les épisodes rétrospectifs où elle aurait été parmi les siens. Les metteurs en scène ly remplacent par son double en costume noir de garçon. Cest une des nombreuses inventions attachantes de ce spectacle, incluant des scènes muettes, comme celle où Jeanne reconnaît le Dauphin, dont un autre seigneur a pris la place et revêtu la couronne, ou cette autre où intervient le diable, comme dans les anciens mystères. Elles ne chargent pas la pièce, bien au contraire. Chants, musique dépoque ou pas, airs joués à la flûte éclairent, accompagnent, prolongent les tableaux. Des villageois et villageoises dansent, sortes de santons truculents, prompts à sesbaudir, ou à sémouvoir, se figer, percevant vaguement ce quil va advenir de la Pucelle, mais en résonnance avec elle. Entre des discours anathémisants en latin et des voix inquiétantes dans la nuit, juges, archevêques et autres nobles odieux auront glapi ou aboyé, ajoutant au fantastique et au grotesque voulus par le dramaturge. Avant que tout ait eu son cours, et que Jeanne la noire, elle aussi dans une robe couleur flamme, ait rejoint celle qui va au supplice, et posé sa tête sur son épaule, Jeanne aura été tendrement rappelée par une voix venue du ciel, et aura dit le triomphe de la joie, de lamour et de Dieu qui est le plus fort.
Richesse et variété des musiques, des lumières, des costumes dont les couleurs évoquent les peintres de lépoque, utilisation habile de lespace scénique, bonheur que manifeste la troupe qui y évolue, et sa confiance en la poésie si particulière de Claudel. Que pourrions-nous ajouter pour vous recommander daller rencontrer cette Jeanne-ci ?
Marie Ordinis


POLYEUCTE (Corneille)


CLOÎTRE DES BILLETTES
Mise en SCENE : Nathalie HAMEL, assistée de Romaric MAUCOEUR
Costumes; Nathalie Hamel
Avec
Pauline : Sophie Gancel / Raphaëlle Lenoble
Stratonice : Nathalie Hamel
Polyeucte : Romaric Maucoeur
Sévère : Boris Ravaine / Jacques Vincent
Félix : Gil Geisweiller / Jean-Pierre Müller
Néarque : Alexandre Mousset / Yann Coeslier
Albin : Jean-Dominique Brest
Cléon : Jean-Dominique Brest
Fabian : Romain Gherdane / Patrick Chupin




ESPACE GEORGES BERNANOS
Mise en SCENE : Nathalie HAMEL, assistée de Romaric MAUCOEUR
Costumes; Nathalie Hamel
Avec
Romaric Maucoeur (Polyeucte)
Raphaëlle Lenoble (Pauline)
Boris Ravaine / Yann Coeslier (Sévère)
Jean-Pierre Müller (Félix)
Nathalie Hamel (Stratonice)
Jessy Barbulée (Néarque)
Romain Gherdane / Patrick Chupin (Fabian)
Jean-Dominique Brest (Albin)


Polyeucte, de Corneille
Le Cloître des Billettes a des proportions aussi réconfortantes que nobles. La Compagnie de la Pléiade y donne un Polyeucte sobre, dont les protagonistes en proie à des sentiments mêlés, tordant les cœurs, les consciences et les âmes, ne se laisseront jamais aller à des épanchements parasitants. Donc Félix, nommé gouverneur de lArménie par lempereur Décie, vient dunir sa fille Pauline à Polyeucte, issu dune grande famille de ce pays, devenu colonie romaine.Elle ne sait pas que son époux sest récemment converti au Christianisme, secte prosélyte, dangereuse pour loccupant. Sévère, Romain aussi épris de Pauline quelle la été autrefois de lui, et promu par Décie, arrive en mission. Félix, ignorant ses intentions, panique, cependant que Polyeucte, néophyte fasciné et fanatisé par sa nouvelle mission, abat une statue de Jupiter au temple. Son compagnon et incitateur est exécuté. Lui-même, refusant dabjurer sa foi décide de mourir à sa suite. Miracle de la grâce selon les Chrétiens, son sang versé fera de Pauline une convertie et de Felix une nouvelle recrue: « Je cède à des transports que je ne connais pas ». Sévère, touché, leur accordera la vie sauve et reconduira Felix dans ses fonctions. Les comédiens jouent très bien ces personnages déstabilisables autant que galvanisables, aux désespoirs surmontés, travaillés par des forces quils ignoraient. Ils ont des exaspérations en forme de colère, haussent le ton quand il le faut. Polyeucte (Romaric Maucoeur) est tout en entêtements juvéniles. Néarque, son mentor (Alexandre Mousset), Sévère (Boris Ravaine) et Fabian, son domestique (Romain Gherdane) sont également percutants. Gil Geisweiler (Félix) froid, toujours aux commandes, réussit à masquer la couardise de son personnage. Stratonice (Nathalie Hamel), confidente de Pauline, seule présence apaisante, est aussi tendre que pleine de bon sens. Pauline (Sophie Gancel) est une battante, figure moderne qui ne sattendrit pas facilement, autant prête à faire la part des choses quà aborder des horizons nouveaux pour se découvrir autre.Nathamie Hamel qui met en scène et dirige les comédiens a conçu et réalisé les costumes. Légers, leur somptuosité est due aux broderies qui magnifient les toges romaines ou des vêtements orientaux plus rectilignes. Les comédiens surgissent de derrière les arcades, une cloche sonne dans une église voisine, trois gouttes de pluie tombent sur les pavés du cloître qui conservent lodeur des pigeons et autres ramiers qui y ont fait escale. Polyeucte, pieds nus à la toute fin de son périple terrestre vient de les quitter. Nous ne lavons pas quitté. Lui et ses camarades nous ont émus.
Cloître des Billettes, 24 rue des Archives, les 25, 27, 28 juillet à 20h30- 29 juillet à 17h30
Les 1, 3, 4, 8, 10, 11, 15, 17, 18, 22, 24, 25, 29, 30 août à 20h30
15 août à 14h30, 5, 12, 19, 26 août à 17h30
Réservations au 01 43 42 39 28


Chère Nathalie, Je voulais vous dire combien jai aimé la représentation dhier, la tombée de la nuit ajoutait au recueillement, les lumières prenaient toute leur valeur et lodeur de la terre et des pierres mouillées donnaient limpression que tous ces gens étaient authentiques parce quils gardaient une part essentielle denfance, malgré tout. Je pense surtout à votre Pauline. Il me semble quen plus de sa beauté et de son port de princesse elle est cette très jeune femme qui émerge à peine dun carcan: lautorité dun père, quelle met en avant de façon tout à fait légitime et sincère quand il le faut. Sa passion faite aussi dadmiration pour Sévère l a remuée sans lentamer et le sentiment quelle porte à son mari nayant pas pris une dimension comparable à ses deux premiers attachements, elle est à la fois immature et mûre pour un éblouissement quelle ne soupçonne ou ne pressent pas encore.
En cela elle est très différente de Sophie Gancel, qui semblait être avant tout une rebelle. Romaric Maucoeur est un Polyeucte de plus en plus incandescent, ( je nose pas dire brûlant, bouillant), de plus en plus remarquable, et le contraste entre votre Néarque solaire et fougueux et lui-même joue à plein. Jean-Pierre Müller, excellent comme toujours, est un Félix humain et nuancé, comme lest aussi Jacques Vincent en Sévère digne mais sympathique, parce que plus ou moins « floué », mais compréhensif et magnanime. Fabian et Albin sont convaincants, chacun dans son registre. La gestuelle sobre et les déplacements ont gagné en flexibilité ; tout est plus fluide. Transmettez à votre équipe mes compliments et mes vœux pour ce soir. Jouerez-vous à lEspace Bernanos avec la même distribution ? Pouvez-vous me confirmer les dates, pour que jen parle dans le numéro de Monde et Vie à paraître le 23 septembre. Merci encore. Bien à vous, Marie.
P.S : Jai beaucoup souri quand le ramier qui niche apparemment au sommet du cloître et avait roucoulé un brin avant de commencer sa nuit, a laissé tomber quelques plumes ou duvets sur les spectateurs, Bretonne superstitieuse jy ai vu, non pas un signe du ciel, mais quelque chose dapprochant .


POLYEUCTE
Choisir Polyeucte aujourdhui pour loffrir au public ? N'est-ce pas hasardeux ? Il y faut en tout cas un certain courage et quelques sérieuses convictions. La toute jeune Compagnie de la Pléiade n'en manque pas, et y ajoute, élégante, son art consommé du théâtre. Le quadricentenaire de la naissance de Pierre Corneille donne un élan nouveau à ce groupe jailli du message zélé de Martin Luther. Le cloître des Billettes adossé au temple protestant de la rue des Archives, à deux pas de lHôtel de Ville de Paris est à lui seul un témoignage de la Parole. Et les acteurs qui se présentent devant la petite vingtaine de personnes invitées en cet après-midi de 15 août 2006, manifestent leur sens artistique et leur foi.
Pierre Corneille est bien chez lui dans cette cour du cloître. En son temps, cette rue la vu vivre à quelques pas de là. Logé chez le duc de Guise pendant deux ans, il se rendait chez lui au 58, rue des Archives.
Mais la pièce commence. Théâtre de plein air, tout contre les spectateurs. Chacun rencontre l'autre. Ni scène ni distance. Le théâtre est dans la vie.
Une fine pluie tombe. Quelques gouttes. Une dame âgée se lève et se retire vers la murette un peu plus protégée. Une deuxième, puis un monsieur. Les acteurs continuent leur message. Gracieuse et grave dans sa robe légèrement bleutée, Pauline répond toujours à Polyeucte. La pluie ne les arrête pas. L'acte se termine. Il est mieux de se mettre à labri. Le petit temple protestant ouvre ses portes. Peu importe le décor austère de l'édifice. Aussi à l'aise face à lautel et au crucifix, que dans la cour, la pièce continue. Il faut que le message passe. Ici, on prêche avec sa vie. Le théâtre est aussi « annonce » La conviction du ton concentre les regards et l'attention des auditeurs.
Quelques phrases résonnent plus fort que dautres :
Pauline Où le conduisez-vous ?
Félix A la mort
Polyeucte A la gloire ! Chère Pauline, adieu, conservez ma mémoire.
Mais tout le texte est beau. Il est bien dit. On lécoute avec plaisir. Un tel spectacle aide à comprendre sans doute ce quécrivait Corneille lui-même de cette pièce :
« A mon gré, je nai point fait de pièce où lordre du théâtre soit plus beau, et lenchaînement des scènes mieux ménagé. Les tendresses de lamour humain y font un si agréable mélange avec la fermeté du divin que sa représentation satisfait tout ensemble les dévots et les gens du monde. »
Témoignage vigoureux de foi chrétienne et présentation artistique de haut niveau avec des moyens simples, peut-être est-ce cela aussi la manière « priante » de la jeune troupe et de ses fondateurs, Jean Dominique et Nathalie Hamel, de poursuivre quatre cents ans après, la geste religieuse du grand écrivain.


BROCELIANDE (Montherlant) - THEATRE DU NORD-OUEST


Mise en scène: Jean-Pierre Müller
Costumes : Nathalie Hamel
Lumière : Patrice Le Cadre
avec
Nathalie HAMEL (Madame Persiles), Romaric Maucoeur ( Bonnet)
Rémy OPPERT (Monsieur Persiles) Marie-Véronique Raban (Emilie)
Sébastien Coënt (L'employé du gaz)
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