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ABRAHAM SACRIFIANT (Théodore de Bèze) 1551




THEODORE DE BEZE (1519-1605)
Issu dune famille noble, Théodore de Bèze fit ses études à Orléans et à Bourges, menant joyeuse vie et écrivant même des poèmes libertins quil reniera ultérieurement. Initié aux idées de la Réforme par lhumaniste allemand Melchior Wolmar, il se convertit en 1548, après une grave maladie. Il senfuit à Genève lannée suivante et est condamné à mort en France. Calvin lui trouve un poste de professeur de grec à Lausanne et en 1550 il écrit « Abraham sacrifiant», créé la même année par des élèves du collège, à loccasion de la fête de fin dannée scolaire.
En 1558, Théodore de Bèze se fixe à Genève, où il devient ladjoint de Calvin, puis, en 1564, son successeur à la tête de lEglise Réformée. Il voyage beaucoup, prêchant la Réforme dans toute la France, participant activement aux guerres de religion. Il termina la traduction en vers français des Psaumes, commencée par Clément Marot, et écrivit de nombreux pamphlets dirigés contre léglise catholique.


ABRAHAM SACRIFIANT ET LE THEATRE FRANCAIS EN 1550
Lorsque Théodore de Bèze écrivait son « Abraham sacrifiant », le théâtre français était à un tournant important de son histoire. Depuis le Moyen-age étaient représentés des Mystères, des Passions ou des Miracles, donnés devant les églises, que complétait un répertoire de farces, plus ou moins grossières. Les mystères étaient extrêmement longs, certains, comprenant plus de 30000 vers, occupaient parfois plus dune vingtaine de soirées. Un édit royal les interdit en 1549.
Fin lettré, professeur de grec, Théodore de Bèze disposait cependant dun autre modèle : la tragédie des anciens grecs. Une traduction en vers français de l « Electre » de Sophocle avait été représentée en 1539, et, quelques années plus tard « La jeune fille dAndros » de Terence avait été également donnée en traduction française.
On ne sétonnera pas si « Abraham sacrifiant », la première tragédie française, a été conçue, dans sa structure, mais aussi dans sa durée (1100 à 1300 vers), à limitation des tragédies grecques. Par la suite les tragédies quon représentera en France jusquau début du XVIIème siècle sallongeront progressivement (les Juives de Garnier comptent plus de 2600 vers), mais conserveront la structure dalternance des scènes dramatiques et des scènes de chœur, qui sera abolie par Rotrou et Corneille au profit de la tragédie classique.
Pour la première tragédie française, Théodore de Bèze choisit naturellement un sujet dans lancien Testament. Mais « Abraham sacrifiant » nest pas seulement une création esthétique, imitée des anciens, cest, dans des termes souvent couverts, une œuvre de propagande calviniste, qui sera publiée à plusieurs reprises durant la 2ème partie du XVIème siècle, pour pouvoir circuler sous le manteau en France, où elle était naturellement interdite. Lobeissance aveugle dAbraham aux commandements de Dieu, le personnage de Satan, personnifié par un ecclésiastique catholique sont les éléments les plus visibles de cette fonction de propagande.
« Abraham sacrifiant » na guère été représenté au théâtre, sauf sans doute à Genève. Par contre des représentations ont été régulièrement données dans les temples protestants depuis le XVIème siècle jusquà nos jours.
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